Stardate 40433.2 – Cadet 3ème classe S’Drak – Personal log (Crimson Squadron only)

La mission qui nous a été confiée aujourd’hui par StarFleet Command n’était en fait qu’une évaluation ayant pour but de déterminer notre réaction face à une situation improbable mais dont les conséquences pourraient être extrêmement importantes. Ce fut une expérience intéressante et riche en enseignements. Elle m’a aussi ouvert à un nombre important de questionnements, tant physiques que philosophiques, que je vais m’efforcer d’approfondir.

Le scénario de l’évaluation était le suivant : un groupe de cadets se trouve malencontreusement envoyé dans les années 1970 sur la Terre suite au dysfonctionnement d’un appareil dont ils ont la garde.
Une copie du rapport envoyé au Department of Temporal Investigations a été copiée non loin et je ne m’étendrai pas à nouveau sur les remarques qui y sont faites. Deux choses sont à noter néanmoins :
– d’une part, j’aimerais me plonger plus profondément sur les théorie physiques qui sous-tendent le voyage que nous avons fait dans le passé; J’ai émis un certain nombre d’hypothèses, soutenues par les relevés que j’ai pu faire sur la machine que nous avions à notre disposition mais la révélation subséquente que ceci n’était qu’une simulation me pousse à remettre en question mon raisonnement. Je dois trouver du temps pour repenser tout ceci à la lumière de la réalité.
– Le constat est le suivant : nous avons fait de notre mieux pour minimiser l’impact de notre passage dans le passé et je pense que le résultat est conforme à nos attentes. Néanmoins, nous n’avons pas pu éviter certaines interactions et celles-ci peuvent avoir des conséquences dramatiques malgré tout. Au final, tout voyage dans le temps est un échec en soi.

Supplemental

Le questionnaire que nous avons dû remplir suite à notre évaluation comportait la question suivante : « Avez-vous douté un seul instant que vous étiez dans la réalité et est-ce que cela a modifié votre comportement ? » La deuxième partie de la question, suggérant que notre comportement puisse changer en cas de doute sur notre situation, mérite un plus ample développement.
Lorsqu’un individu pense que ses sens ont été altérés, l’approche logique m’apparait comme la suivante :
– Phase 1 : s’assurer que ses sens ou son environnement a été altéré
– Phase 2 : déterminer l’ampleur de l’altération
– Phase 3 : rechercher un moyen de remédier à l’altération
Dans une grande majorité des cas, la phase 1, primordiale, doit être tentée. Son succès ou son échec n’a de conséquences directes que sur les phases 2 ou 3. Ainsi, à suivre cette approche, si l’on avait douté que notre voyage n’avait pas été réel, la réponse à la question « Est-ce que cela a modifié votre comportement ? » devrait être « Oui ». Dans ce cas particulier, je pense qu’au contraire, il est nécessaire de n’en rien faire.
Notre problème est le suivant : l’issue de la phase 1 est soumise à un grand aléa. Une personne dont les sens sont potentiellement abusés doit décider si ses sens sont effectivement abusés. Comme mentionné plus tôt, cette décision n’a généralement pas de conséquences au-delà de la personne elle-même. En matière de voyage temporel, cela n’est plus vrai.
Les penseurs vulcains n’ont guère abordé ce thème dans leurs écrits : en effet, au terme de la phase de diagnostic, la décision est prise sur la base d’éléments potentiellement biaisés. C’est autant une croyance, une intuition, qu’une décision éclairée. Il n’y a que difficilement de certitude. Or, en matière de croyance, l’humanité peut être considérée comme une spécialiste et nous pouvons appeler un philosophe humain pour apporter un éclairage intéressant à ce sujet. René Descartes a développé une idée similaire alors qu’il discutait de l’existence de la divinité unique au sommet de la religion monothéiste alors largement majoritaire en Europe : il nous dit qu’en l’absence de certitude, il est rationnel de croire en Dieu plutôt que de ne pas croire en lui. Si l’on est dans l’erreur, les conséquences sont nulles car il n’y a rien après la mort. Par contre, si l’on ne croit pas en Dieu et qu’il existe, nous sommes promis à une éternité de tourments. Le cas est ici similaire : il convient de respecter le protocole à la lettre quoiqu’il arrive. S’il s’agit d’une simulation, alors il n’y a pas de conséquences. S’il ne s’agit pas d’une simulation, alors tout aura été fait pour préserver l’avenir.

La qualité de la simulation et l’immersion me font penser qu’un tel procédé pourrait être utilisé pour abuser des officiers de Starfleet capturés et leur faire livrer des secrets. Il serait intéressant d’aborder le sujet lors d’une réunion future du Crimson Squadron. Si l’utilisation de mots de code peut nous aider dans le cadre d’une simulation nous immergeant dans un contexte contemporain, je n’ai pas encore d’idée pour contrecarrer une simulation telle que celle dont nous avons fait l’objet.

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